
La photographie est un mensonge, ceux qui n’en sont pas encore convaincus vivent surement dans un monde peuplé de bisounours et de telétubbies (ça c’est de la référence). Je reviendrai peut être sur cette terrible annonce généraliste et simpliste dans un futur post. Mais ce qui m’intéresse ici ce sont les photographes eux-mêmes, ceux qui nous rapportent des images du monde entier, des images fortes qui racontent des histoires et qui nous font peur ou rêver (les deux ?) et surtout qui nous informent. Il y a quelques jours (retard dû aux vacances…) un photographe s’est vu demandé de fournir les Raw (originaux numériques, blablabla…) au comité du concours photo danois Picture of The Year.
Le hic? D’après les termes du concours, le jury se donne le droit de refuser des photos qui ne respectent une représentation véritable des faits… Klavs Bo Christensen s’est donc vu demandé ses Raw ainsi que deux de ses camarades photographes. Après quelques palabres il s’est fait exclure du concours pour excès de photoshopage.


Pour info, il a aussi participé au World Press, sans faire autant de vague…et sans récompense non plus.
Vous voulez mon avis? Bon, ok, puisque vous insistez! Juste pour le noir et blanc il existe un débat sans fin opposant, par exemple, les puristes comme Depardon face aux “modernistes” comme Salgado, alors pour la couleur je vous laisse imaginer l’ampleur de la tache et du combat… Le travail de retouche ou de re-travail sur les photographies est et sera toujours une phase importante. Bien sur que la dose dépend de chacun, de son utilisation et surtout de la finalité du travail. Un photojournaliste ne retouchera pas de la même façon qu’un photographe de pub ça semble évident. Le doute s’installe lorsque les habitudes sont bouleversées par des gens qui transgressent ces limites informelles et non-dites. La où ça devient une blague c’est lorsque l’argument est celui de la vérité, la vraie, l’unique et l’absolue! La grosse blague! Je vous conseille le livre de S. Sontag, Sur la photographie pour vous faire une idée sur la réalité de la photographie, celle qui est voulue, involontaire ou faussée…vraiment passionnant!
Tout ça pour dire que tout est subjectif (merde…) et que les croyances et les volontés de réalité en photographie ne sont qu’illusion et pire encore elles sont dues à une interprétation du spectateur… La preuve la plus directe est le besoin (l’obligation) de légende pour un reportage, à la différence de la photo artistique qui ne vise pas à informer. La photographie a besoin de références pour être utile à la découverte et pas juste une illustration obsolète, un rajout. Je ferai dans quelques jours un post sur ces notions importantes, S. Sontag en parle très clairement dans ses essais ainsi que Barthes (que je déteste, malgré tout) dans son livre culte la chambre claire.
La question d’esthétique a-t elle un rôle dans le photojournalisme? Est-elle un réel argument pour une modification exacerbée? L’information a-t elle besoin d’esthétique pour faire passer son message? etc… que de questions récurrentes dans le milieu de la presse et du reportage.
Donnez votre avis dans les commentaires…




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