Identité Guynaise 02 – St Georges & Oiapoque

Christ en forêt

Me voici de retour, bronzé comme un routier (manches courtes) et barbu comme un brigand (un peu sale aussi). Après une première visite “touristique” la semaine dernière, je suis retourné dans ces deux villes que tout oppose, sauf le fleuve. Finalement je n’aurais passé que 3 jours sur place, à marcher sous le soleil (et la pluie…), à rencontrer des gens au hasard et surtout à discuter avec eux pour en savoir un peu plus sur la vie dans ce coin reculé de Guyane et de Brésil.

A St Georges j’ai parlé (parfois par gestes) avec les pêcheurs brésiliens qui réparaient un bateau, avec un autre qui travaillait à réparer son filet ou plus simplement avec un piroguier à l’heure du repas. Une journée de marche sans cesse dans une ville de 3600 habitants fait que l’on vous remarque, et on vous remarque tellement que vous devenez invisible, voilà ce que je voulais. Cette journée, en apparence inutile, m’aura permis de me faire accepter par cette petite ville où tous se connaissent et où tout se sait… La journée suivante les indiens m’ont fait découvrir une partie de leur quotidien, le travail difficile du manioc et sa transformation en kouak (sorte de granulés durs qui se mangent avec tout et parfois rien) mais aussi la joie du partage en famille et de la simplicité des bons moments. L’ambiance que dégage St Georges est pesante avec un gout d’amertume et d’usure. Les photos seront peut être moins dures.

Oiapoque se veut différente, active, grouillante de vie et joyeuse. La pauvreté y règne, mais l’or et tout le business qui tourne autour (revendeur, vendeur d’outils, prostituées) permettent de faire vivre des milliers de personnes accrochées à un bout du monde chaud et humide. La drogue n’est pas visible, la prostitution massive l’est à peine plus et aucune tension n’est perceptible. On m’a pourtant souvent déconseillé de sortir avec mon matériel photo en pleine nuit, je ne les ai pas écouté, pour cette fois mon grigri chinois a fonctionné. L’excitation vivace de cette ville-bidonville tient sur une place publique et autour d’un terrain de football en terre battue, alcool, famille, brochette et musique desuette… J’ai aimé ces moments de trouble quand on rentre seul la nuit sur les routes de terre rouge à peine éclairées, lorsque deux filles vulgaires et bruyantes vous aguichent pour votre argent ou lorsqu’un chien pouilleux vous croise sans aboyé, trop fatigué. Les photos en feront peut être rêver certains pour en faire fuir d’autres.

C’est ainsi que s’achèvent ce compte rendu de début de reportage. Plusieurs sujets ont vu le jour à force de promenade et de rencontre, mais ça c’est encore autre chose… Le sujet principal sur l’identité guyanaise est commencé et c’est déjà pas si mal.

Photo: Eglise de St Georges par Sandro di Carlo Darsa

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  1. Identité guyanaise 01

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  • Guest
    Contente que tu sois rentré.
    La mise en bouche de ce petit monde dont tu décris me donne clairement envie de voir les images.
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  • le doc a cru que j'avais la dengue mais la prise de sang dit le contraire...encore 3-4 jours sous antibiotiques et c'est bon. #Philippines 3 days ago
  • j'arrête les tweets sur ce reportage pour l'instant.Terminées la fièvre,les typhons,les clients,les prostituées,les bars,les ONG...a bientôt 6 days ago
  • dans l'hôtel tout le monde me prend pour un flic ou pour un mec des mœurs venu d'Australie. ça se complique! comme si ça suffisait pas... 6 days ago
  • à cause de la fièvre je dois rester une semaine de plus à Angeles pour rattraper le temps perdu.J'espère pouvoir sortir du lit demain. 6 days ago
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