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Bienvenue aux doutes

miam

Hop hop hop! Avis à la population! I’m back…

Me voici de retour en Guyane avant d’affronter à nouveau la vie parisienne dans quelques jours. Les deux mois passés entre Brésil et Guyane se sont terminés par un petit tour dans les terres oubliées de l’Amapa, entre fleuves et savanes, entre forêt et océan. Je ne vais pas me lancer dans un récit de voyage, ce blog n’est pas là pour ça, mais je trouve intéressant de vous montrer l’envers du décors. Partir pour faire un reportage photo (hors commande) n’est pas synonyme de permanence et de continuité. Je m’explique, lorsqu’on arrive sur le terrain on est plein de certitude, de photos pré-construites et d’images qu’on veut confirmer par notre propre vision… Hélas, et heureusement, la réalité est souvent bien différente et pleine de surprises.

Lorsque je suis arrivé en Guyane, j’avais en tête une série sur divers habitants, divers groupes sociaux et culturels et d’origines ethniques différentes. Après avoir passer quelques semaines ici j’ai compris d’autres choses et j’ai fait évoluer le sujet photo, le fond ainsi que la forme. Ce sujet, sur l’identité guyanaise, est lancé mais il est devenu un projet à plus long terme, un compte rendu d’expériences. Ce qui est plus important encore c’est l’arrivée de plusieurs sous-sujets et même d’autres idées… La proximité avec le Brésil inspire, intrigue et apporte d’autres axes d’approche. L’enrichissement de ce projet est un véritable plus mais il repousse l’échéance. Alors que je comptais rentrer à Paris avec une série de portraits et de scènes de divers acteurs sociaux, économiques et politiques je rentre avec un paquet de mini-sujets divers faisant partie intégrante du projet initial. Je n’ai pas terminé le tri des photos mais je sais que beaucoup sont “bonnes” et racontent, il reste juste à les mettre en forme, à les faire coexister pour créer une entité commune et raconter une histoire générale faite de précisions, parfois éloignées mais qui permettent une meilleur compréhension globale.

En plus des “classiques” paysages et séries plus personnelles voici une liste, non exhaustive, des “sujets” que je rapporte avec moi dans le sac:

- Football féminin, une histoire de famille

- Cunani, république française abandonnée en terres brésiliennes

- Les sauteurs de Calçoene

- Une journée à l’abati, la nourriture d’un peuple

- La ville au 1000 vélos

- Dans l’intimité d’un français d’origine brésilienne marié à une indienne

- Le buffles l’animal de la plage

- Saint Georges de l’Oyapock et Oiapoque, voisines, divergentes et envieuses

- Tortues luth, l’enfer du devoir (ok ok, on verra pour le titre…)

- Village de pêcheurs brésiliens à St Georges

- Littoral guyanais en danger

- Oiapoque, portrait d’une ville de bordure

Le tout s’inscrit dans une logique d’ensemble. Je laisse faire le temps pour voir quelles seront les images qui ressortiront et quels sont les sujets qui s’imposeront. Si vous avez des idées n’hésitez pas à laisser un commentaire !

Photos: “Vous êtes bienvenue”, enseigne peinte sur le mur d’un resto d’Oiapoque, Brésil. Sandro di Carlo Darsa

FULLSCREEN 12 – Papous vs tronçonneuses

Alors que je devais être coupé du monde moderne par une ligne internet morte je profite d’un sursis pour vous faire partager ce reportage photo-audio.

Les photos et le texte sont de Jeremy Sutton-Hibbert produit pour Greenpeace. L’esthétique ne prend pas le pas sur le sujet et c’est peut être mieux ainsi… malgré tout j’aurais préféré un peu plus de style dans ce travail documentaire bien ficelé et parfaitement réalisé (grâce à la narration du photographe). L’histoire est prenante, on est loin de la surprise et on voit venir le sujet de loin mais cela n’enlève rien à sa qualité et à l’axe traité.

A voir ici-même en 950px de large (presque en plein écran). Merci à Greenpeace de laisser la libre diffusion possible sur la toile !

Pour ceux qui en veulent toujours plus, Gaia Photos propose une version écrite du sujet…

FULLSCREEN 11 – Le Tour devient captivant

Le projet: suivre le Tour de France et en faire une série de photographies, au flash de studio, en extérieur… Ça peut sembler peu intéressant pour les moins fanatiques d’entre nous mais il faut reconnaitre que le résultat est remarquable. Des photos de qualité, loin de la photo de sport, pleines de moments désuets et proche des gens, voilà qui devrait vous faire cliquer rapidement! Ce projet amusant et qui relève presque du défis logistique a était mené à bien, il est maintenant terminé et c’est un véritable reportage, atypique et rafraichissant. Hop, c’est le coup de chiffon qui dépoussière avec décalage notre bon vieux Tour de France à pédales.

Vous pourrez en profiter en plein écran (évidemment) sur un site web dédié, sobre et qui laisse place à l’image.

En bonus on peut suivre leur aventure sur le blog du photographe Bret Humphrey (en anglais et plein de making of, passé et présent).

Auto-promo & autres futilités

La pub est l’élément le plus direct permettant de se faire connaitre, on le sait tous, plus besoin de le prouver. Mais je ne pense pas du tout qu’elle puisse facilement s’adapter au photo-reportage et plus précisément au photojournalisme. Cependant cette “publicité” se travestit en divers moyens, même si se faire connaitre n’est pas un but en soi, associer un nom à un travail précis, ou à un style, est un bon moyen pour se faire remarquer et donc pour trouver plus facilement des financements pour vos projets. Certains cherchent à se montrer, à participer à toutes sortes de débats, concours d’idées ou discussions pour le plaisir de se montrer, je crains que cela ne les desserve plus qu’autre chose. Pendant ce temps, ils ne font pas de photo…tout simplement!

Parlez de votre travail et faites découvrir vos nouveaux projets aux plus nombreux. Le plus difficile dans cet exercice est de rester humble, vous n’êtes pas les seuls à avoir des idées et vous n’êtes pas les seuls photographes à savoir faire des photos correctes…

C’est dans cette optique de partage de vécu ou plus simplement d’échanges que j’ai accepté avec un grand plaisir de me prêter au jeu de l’interview pour l’Oeil du Viseur, racontant mon expérience de témoins des manifestations réprimées dans le sang par la junte birmane. Une première expérience entre peur et adrénaline. Plus récemment j’ai raconté une journée de reportage à Moscou à la rencontre de familles tchétchène et kirghize dans le dernier numéro de VirusPhoto Mag.

Votre passion et votre engagement feront souvent votre plus belle publicité.

Photo: The best Caïpirinha of amazonia, Oiapoque, Brésil.

BPJ 49 – La terre se meurt


Continuons sur la lancée des problèmes climatiques après le FULLSCREEN 10 consacré à la montée des eaux dans l’archipel de Tuvalu. Cette BPJ accuse directement l’Homme, mais lorsque le décors devient sujet et l’homme ne devient qu’une référence il est bon de comprendre les raisons d’un tel choix.

La terre craquelée, ridée et qui se meurt occupe plus des trois quarts de cette photographie, ne laissant que peut de place à l’homme, de dos. Faire passer un sujet inanimé au premier plan et délaisser le sujet vivant est un principe rarement utilisé car il est risqué. On sait qu’une image sans “sujet vivant” n’attire pas l’œil, la photo de nature morte n’est que très rarement publiée dans un journal… En photographie, l’Homme s’intéresse à l’Homme pas aux choses brutes.

Assumer faire une photo comme celle-ci est donc un acte fort, mais la présence de l’homme au centre-haut de l’image n’est pas uniquement là comme excuse ou argument pour une parution (on l’espère). C’est un renversement du sujet, l’homme vieillissant qui tourne le dos à la terre mourante est un symbole encore plus marquant que le simple dédain. Ce refus de voir devient l’élément de référence, il sert d’échelle pour mesurer l’ampleur de la situation. L’homme déshumanisé tourne le dos à une terre en souffrance, humanisée. Il est regrettable de ne pas connaitre le nom de l’auteur de cette belle photographie, pleine de symbolisme et pourtant évidente pour tous. Merci à lui pour cette réussite et pour avoir pu montrer avec un peu de subtilité une des conséquence de notre cher réchauffement climatique…

Le numéro 50 de la Bonne Photo de la Journée arrive à grand pas! Ne le manquez pas, je vous prépare un petit bonus pour cette épisode unique. A suivre dans les jours à venir !

Photo: Un habitant de la région marche sur le sol terreux et sec du reservoir d’eau de Huangyangchuan, Lanzhou dans la province du Gansu en Chine. Reuters, Photographe?