Your browser (Internet Explorer 7 or lower) is out of date. It has known security flaws and may not display all features of this and other websites. Learn how to update your browser.

X

Navigate / search

Sérendipité & photographie

Sérendipité ou comment mêler intelligence et chance.

Avant toutes choses il serait peut être intéressant de définir le terme de “Sérendipité”… Ce mot vient d’ailleurs, plus exactement de Serendip, ancien nom du Sri Lanka. Il apparait dans un conte traditionnel persan Les Trois Princes de Serendip de Horace Walpole (1754) dans lequel les héros étaient tout le temps en train de trouver par accident ce qu’ils ne recherchaient pas (merci Wiktionary). On peut aller un peu plus loin, la “serendipity” est un mot inventé en 1754 pour qualifier la faculté qu’ont certains de trouver la bonne information par hasard, un peu sans la chercher. Pour résumer : cela désigne « des découvertes inattendues, faites grâce au hasard et à l’intelligence ».

Photojournalisme et street photography ou la sérendipité nécessaire

Si le photojournalisme se divise à mon sens en plusieurs catégories distinctes (à détailler une prochaine fois) cela n’empêche pas d’assurer que ces variantes d’un même métier ou d’une même pratique partagent le hasard, la chance et l’intelligence comme valeurs nécessaires (qu’elle soit une intelligence réflexe ou calculée ou même les deux pour les plus balèzes d’entre nous). Lorsqu’on pense à certaines photographies comme étant les purs produits du “bon endroit/bon moment” on se demande s’il n’en fallait pas un peu plus, et la sérendipité intervient justement à cet instant précis. Cette étrange nuance entre chance et intelligence (ou l’intelligence dans la chance) permet de réussir, parfois, ce que vous n’aviez pas encore prévu mais qui sera peut être mieux encore. La fulgurance du moment et la capacité de chacun à figer ce fichu moment forment alors un exemple de sérendipité.

Et si la photographie était une forme pure de sérendipité

En street photography cet élément est prépondérant et totalement induit à la prise de vue. Comment imaginer de telles créations sans un élément inconscient qui engendre la maîtrise, la chance et le choix en même temps ?!

Le problème qui se pose alors est la gestion de cette sérendipité. Dans le domaine du photojournalisme et de la photographie documentaire (au sens le plus large qu’on puisse trouver ici par exemple), la sérendipité est encouragée. Cependant, une des caractéristiques clé de la sérendipité est sa fugacité, il est quasiment impossible de retrouver le chemin qui a conduit à l’information résultante. Il faut l’enregistrer immédiatement et la photo devient alors l’évident moyen de figer l’information, le lieu, le moment. La street photography tout comme le photojournalisme partage alors ce besoin de sérendipité et le génère. Je n’irai pas jusqu’à appliquer cette nécessité pour la pratique photographique en général mais pourquoi pas… La photographie en studio ou le portrait posé ne sont-ils pas une façon de figer une subtilité avec un process prévu et élaboré tout en laissant une part de chance et de liberté à apprivoiser? (merci à wikipedia pour remettre les idées en place et en avoir amalgamer certaines)

Et si la sérendipité était tout simplement indissociable de la photographie de l’imprévu ou l’inverse ?

Pour aller plus loin.

Photo: Cartier Bresson / Capa / Stuart

 

Chercheurs d’Orpailleurs – Bonus

Le 10 septembre dernier est sorti dans les pages Mag Reportage du journal Libération le résultat du travail effectué avec le journaliste Michel Samson en Guyane française (à lire ici). Quelques jours auparavant était sortie une photo de la même série dans le journal La Croix. Les retours sur ce travail ont été nombreux et c’est toujours agréable d’avoir vos avis sur des sujets “éxotisants” et à la part d’imaginaire importante. Si la forêt amazonienne fait rêver comme je l’écrivais récemment, le lecteur lambda colle son imaginaire à l’environnement qu’on lui montre et participe à son tour au fantasme.

C’est pourquoi je vous propose de voir le hors champs de certaines photos, les réalités du camp de Repentir et de ses occupants ou plus simplement d’autres vues non publiées. Ceci pourraient vous intéresser.

Voici donc quelques photos que vous ne trouverez ni dans Libération ni La Croix. Ces photos ne sont pas libres de droit…si elles vous intéressent contactez-moi…

Guyane, source intarissable

S’il y a bien un endroit ou les sujets vous sautent à la gueule c’est bien ici, en Guyane française! Des histoires incroyables racontés par des personnages qui le sont tout autant… La forêt amazonienne est source de fantasmes pour un photographe. Ces fantasmes à partir des quels j’ai imaginé les photos, essayant de calquer le réel intemporel de cette forêt amazonienne aux récits concrets d’aventuriers, de bagnards ou plus simplement à la vie des garimpeiros, ces chercheurs d’or “crève la faim” qui pillent la jungle de son or…

Les divers voyages que j’ai pu faire dans cette région, près de six mois en cumulé, ont pu me donner une idée globale des enjeux et des paradoxes qui y cohabitent. Sur ce territoire négligé de la France et même méconnu des Français j’aurai publié deux reportages photos (textes par Michel Samson) dans Libération. Au delà de la fierté de telles publications (2x doubles pages grand format, portrait de pleine page, 12 photos pour le premier puis 5 pour le second) je suis surtout heureux et fier d’avoir pu faire passer des sujet sur cette région, méprisée et pourtant si attirante et troublante.

Photos: 1. Déchargement d’un hélicoptère Puma ravitaillant la base militaire de Repentir en pleine foret. 2. Ancien site d’orpaillage clandestin au cœur de la foret amazonienne.