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Tchayoualé vit entre deux maisons, entre océan et forêt. Ici il est proche de l’océan, proche des tortues Luth qui viennent pondre par centaine chaque année sur les plages, entre Suriname et Guyane. Ici il est entouré de sa famille, de ses cousins, tous issus d’un même groupe, les Kalin’a.
La suite demain !
A quelques pas de là, il y a plus de cinquante ans, la forêt s’étendait à perte de vue… La mangrove a tout pris, le gibier est parti et la vase à remplacé le fond sablonneux du bord de mer. Les cocotiers ont été plantés par les ancêtres de Tchayoualé… Peu ont résisté.
La suite demain !
Imaginez, il y a plus de cinquante ans, un village amérindien sur cette plage… Aujourd’hui l’océan gagne du terrain, sans cesse. Les Amérindiens, eux, se sont divisés en groupes et sont partis au Suriname, au Brésil ou dans les alentours, en Guyane…avant de repartir encore.
Un premier avant-gout de ce qui vous attend dans le photo-reportage “Tchayoualé”… La suite demain !
C’est avec joie et une agréable surprise que j’ai découvert que mon reportage sur la prostitution des mineurs et des jeunes adultes d’Angeles, aux Philippines, fait partie des présélectionnés du Grand Prix Photo-Reportage Paris Match Etudiant 2011 ! Ce reportage avait été réalisé avant de débuter mon diplôme d’architecture, en septembre dernier.
Je vous invite à aller voter 5 étoiles pour ce reportage, il faut que cette histoire, en dehors de toute actualité, soit racontée. Il faut la sortir de l’oubli et de la banalisation!
Certains d’entre vous pourront s’étonner de découvrir que Paris-Match, sans jamais m’avoir consulté, a décidé de flouter les visages des personnes photographiées. CE CHOIX MODIFIE COMPLÈTEMENT LE REPORTAGE, PASSANT AU STATUT D’ANONYMES SANS ÉMOTIONS DES INDIVIDUS ASSUMANT LEURS CHOIX, LEUR VIE, LEUR TRAVAIL AINSI QUE LE REGARD PORTÉ SUR EUX. ILS ACCEPTENT POUR DIVERS RAISONS PERSONNELLES, QU’ILS SOIENT VENDEURS DE RUE, CLIENTS OU PROSTITUÉES.
Pour ceux qui veulent voir ce reportage tel qu’il est, sans floutage, c’est ici. Voyez comme ces regards peuvent en dire long…
BONUS : Il faudrait peut être donner quelques précisions sur les conditions de ce reportage. Tout d’abord il faut savoir que je suis resté un mois dans la petite ville d’Angeles, un mois où j’ai travaillé de façon visible et avec l’accord de toutes les personnes photographiées. Celles qui ne sont pas reconnaissables, celles qui sont dans l’ombre, hors focus ou de dos sont celles qui ont refusé ma présence ou celle de l’appareil photo, ne serait-ce que d’un simple regard. J’ai respecté leurs choix. A l’inverse de la caméra cachée je me suis montré, avec mon appareil photo, j’ai expliqué qui j’étais et pourquoi j’étais là. Une des difficultés majeures pour ce travail photographique a été de me faire “accepter” dans les bars, dans le cercle des clients habitués, par les marchants de rue (yeux et oreilles des patrons de bars) et par les filles elles-même. Elle ont le plus souvent été les plus effrayées. Souvent les clients ou gérants de bars m’ont pris pour un Australien membre de la brigade des mœurs, pour un membre de la ligue des droits de l’Homme, pour un policier sous couverture…et le plus difficile sur la durée (un mois dans cette petite ville), pour un client. De l’autre coté, les jeunes prostituées m’ont pris pour un client régulier d’un genre à part, un client qui pose des questions, qui écoute et qui n’agit pas. Un client qui offre à boire mais qui ne repart pas avec l’une d’entre elles pour la nuit ou les jours à venir. D’autres ont vu en moi un sauveur, un porte-monnaie ambulant ou un homme qui vient chercher une épouse à rapporter dans ses bagages, la sortant de sa condition, sans jamais y parvenir… Sur place j’ai travaillé avec l’aide d’une ONG (son nom restera secret, elle compte continuer à agir sous silence et sans retombées médiatiques) qui m’a permis de faire des rencontres essentielles au bon déroulement de ce reportage et d’être juste, de connaitre et de comprendre la réalité (loin des “on dit”), les raisons et les limites de la situation.
Voici quelques unes des nombreuses raisons qui me donnent un léger goût amer à la vue de ces photographies floutées et déshumanisées. Cela n’enlève rien à la fierté de voir ce travail préselectionné et d’imaginer voir cette histoire sortir de l’ombre un jour dans Paris-Match ou ailleurs… donc votez pour découvrir ces vies oubliées!
Ceux qui me suivent sur Twitter sont déjà au courant mais il me semblait important de faire un petit post ici pour rappeler que je suis de retour en Guyane pour une quatrième fois et pour une durée de cinq semaines. Divers projets sont en cours :
- continuer le travail avec et sur Tchayouwalé, un ami amérindien, chasseur-pisteur en forêt amazonienne, entre mysticisme et connaissances concrètes de son environnement… Ma fascination pour cet homme a débuté lors d’une traque d’un pumas en pleine forêt amazonienne, sous une pluie torrentielle, une expérience magique et bouleversante.
- continuer un projet passionnant sur la diaspora laotienne présente en Amazonie, des tranches de vies marquées par la fuite, les séparations et la vie en camp de réfugiés avant l’arrivée en Amérique du Sud et ailleurs… à suivre ! Ce projet au long cours nous mènera à travers la Guyane, la France mais aussi bien plus loin encore… à suivre.
- divers petits sujets encore peu réglés dont la nourriture en Amazonie et une mise à jour sur le pont entre Guyane et Brésil publié dans les pages Mag de Libération en mars dernier…
Photo : littoral de Guyane depuis la forêt. Sandro di Carlo Darsa